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Soutenons l’agriculture loiretaine

Jeudi dernier, avec plusieurs de mes collègues parlementaires du Loiret, j’ai souhaité faire part des inquiétudes des agriculteurs de notre territoire quant au futur périmètre des zones défavorisées simples, auprès de Madame Audrey Bourolleau, conseillère pour l’agriculture d’Emmanuel Macron. De nombreuses communes du département, notamment en Sologne, Berry et Puisaye, ne seront plus reconnues dans la carte des zones agricoles défavorisées au regard des critères définis par la Commission Européenne et c’est près de 150 exploitations, pour l’essentiel dédiées à l’élevage bovin, réparties sur 80 communes, qui seront touchées.
En discussion depuis près de deux ans, les enjeux économiques de cette dé-classification sont essentiels pour nos producteurs, en particulier au regard du risque de disparition des indemnités européennes. En plus des aides ICHN (Indemnité Compensatrice d’Handicap Naturel) indispensables aux éleveurs, c’est l’ensemble des dispositifs de prêts bonifiés et subventions spécifiques à ces zones qui peuvent être remis en cause alors qu’aucune mesure d’accompagnement n’est définie.
J’apporte tout mon soutien à la mobilisation des agriculteurs qui ont raison de se battre pour défendre l’élevage dans notre département. Cette activité est condamnée à disparaître si la future carte est maintenue en l’état. Le Loiret est riche de ses territoires mais nos agriculteurs doivent faire face à des situations très disparates et des contraintes naturelles inhérentes à leur localisation liées aux sols, climat, etc… La plupart des exploitants, bénéficiaires de ces aides, ne pourront pas supporter une perte financière pouvant aller jusqu’à 50 % de leur revenu, et au-delà de l’élevage, c’est la diversité des productions agricoles et des nouvelles installations dans notre région qui sont remises en cause. Par ailleurs toutes ces exploitations éparses, familiales, représentent une activité traditionnelle de nos territoires et permettent d’entretenir et d’aménager nos paysages.
J’ai conscience que cette redéfinition de la carte des zones défavorisées échoit à ce gouvernement alors même que le dossier est ouvert depuis 2013. Il est évident que le sujet est particulièrement complexe car il s’agit de trouver une logique incontestable dans le cadre d’une enveloppe définie. La vraie question, jamais traitée, est la juste rémunération de nos agriculteurs dans le cadre d’un marché mondialisé. La dégradation au fil de l’eau des conditions d’exploitation et de rémunération de nos agriculteurs nous amènera inéluctablement à la disparition d’un pan entier de notre économie, de notre patrimoine et de nos paysages. Elle nous amènera également à la dépendance alimentaire. Ces perspectives sont inacceptables.
Engagé aux côtés des agriculteurs, en relation permanente sur ce sujet avec le ministère de l’agriculture et les administrations concernées, j’ai co-signé une lettre ouverte à Monsieur le Président de la République le 12 février dernier et reste plus que jamais mobilisé sur l’évolution à venir du zonage et de notre agriculture.